Poèmes

''La Médecine du Feu''

Dans le ventre de la nuit, quand tout semble figé,
Le feu s'élève, danse, et murmure des secrets oubliés.
Il ne brûle pas pour détruire, mais pour révéler,
Les cendres ne sont pas fin, mais promesse de recommencer.

Flamme vive, souffle ancien, gardienne des mémoires,
Elle léche les plaies du corps et du soir,
Transmute la peur, consume le doute,
Et trace dans l'ombre une nouvelle route.

Médecine ardente, rouge et dorée,
Tu enseignes sans parole, sans livre sacré.
Ton langage est crépitement, ta sagesse, l'éclat
D'un monde intérieur qu'on ne voit qu'avec foi.

Tu purifies l'esprit, embrases l'âme lasse,
Tu brises les chaînes, et libères les impasses.
Par toi, le cœur se forge, l'ancien se défait,
Et dans chaque braise, un miracle se fait.

Ô feu guérisseur, souffle du dragon,
Dans ton foyer je dépose ce qui pèse, ce qui ronge.
Et quand l'aube viendra, sur les braises calmées,
Je renaîtrai, lavé, éclairé, embrasé.

© Cindy Meurie


''La Médecine de la Terre''

Sous nos pas silencieux, un cœur ancien bat,
Celui d'une Mère patiente, qui jamais ne se lasse.
Elle porte les racines, les graines, les saisons,
Et dans son ventre noir germe toute guérison.

Terre féconde, matrice du monde,
Tu recueilles nos larmes, nos luttes profondes.
Tu transmutes le poids des vies entremêlées,
En humus fertile, en paix retrouvée.

Ton remède est lent, il prend le temps,
Il parle en mousse, en roche, en mouvement.
Il se glisse dans la boue, dans le silence chaud,
Et dans le parfum brut d'un sentier nouveau.

Tu nous apprends à rester, à sentir, à tomber,
À revenir au sol pour mieux s'élever.
Car dans ton giron vaste, rude et sacré,
Même les cœurs brisés peuvent se réparer.

Médecine de la glaise, du sable, du grain,
Tu guéris par le corps, tu rappelles le lien.
Et ceux qui t'écoutent, le front contre la peau,
Entendent battre en eux le tambour des échos.


Ô Terre, refuge et mémoire des anciens,
Dans tes veines coulent les secrets des humains.
Et quand tout vacille, c'est vers toi que l'on va :
Mère de l'ombre, du souffle, de l'au-delà.

© Cindy Meurie


"L'Esprit des Brumes"

Dans les forêts où chantent les lunes,
L'esprit s'éveille entre les runes.
Il glisse au creux des feuilles dorées,
Un souffle clair, un sort sacré.

Nul ne le voit, mais tout le sent,
Il parle en rêve, il rit au vent.
Il tisse en nous mille éclats d'âme,
Des perles d'or, des flammes sans flammes.

Il vole avec les lucioles,
Cueille des secrets dans les corolles,
Et chuchote aux pierres dormantes
Des mots anciens, des chants d'attente.

L'esprit, c'est l'ombre des étoiles,
Un battement sous chaque voile.
C'est la lumière qui prend la main
Des cœurs perdus dans le lointain.

Il est magie, brume et éclat,
Ni tout à fait ici, ni là.
Il rit des murs, traverse
l'être Un elfe bleu qu'on ne peut mettre.

Alors écoute, quand tout se tait,
L'esprit s'approche et te connaît.
Il est en toi, doux et farouche…
Un monde danse au creux de ta bouche. 

© Cindy Meurie 

''La Médecine du Vent''

Il vient sans prévenir, messager de l'invisible,
Glisse entre les mondes, impalpable, indicible.
Il porte les chants des anciens et les mots oubliés,
Le vent sait, le vent voit, ce que l'âme a voilé.

Souffle sacré, souffle libre,
Il caresse ou déracine, il guérit ou il vibre.
Il murmure à l'oreille des arbres penchés,
Et ramène à la source les cœurs égarés.

Vent du Nord, vent du Sud,
Chaque courant détient un remède, une étude.
Celui qui écoute entendra la leçon :
Respire, lâche, transforme, abandonne la prison.

Il emporte les peines qu'on ne sait dire,
Délie les silences, ravive le désir.
Il nettoie les pensées comme un torrent d'air pur,
Et sème la clarté dans les chambres obscures.

Médecine ailée, nomade et discrète,
Tu es le souffle de l'âme, la voix des prophètes.
À genoux dans la plaine, front levé au ciel,
Je t'accueille, vent sacré, messager essentiel.

© Cindy Meurie


''La Médecine de l'Eau''

Elle vient sans bruit, goutte ou torrent,
L'eau s'insinue, patiente et vivante.
Elle connaît les chemins que l'âme refuse,
Et coule là où le cœur s'excuse.

Médecine fluide, miroir sacré,
Tu accueilles tout, sans jamais juger.
Les pleurs, les prières, les silences lourds,
Tu les prends, tu les laves, et tu les rends sourds.

Dans tes bras clairs, les blessures se dénouent,
Tu parles en rivières, en pluies, en remous.
Ton chant murmure : laisse aller, laisse couler,
Car rien ne guérit tant que ce qu'on peut pleurer.

Tu es source, mer, rosée sur la peau,
Tu portes la vie, tu creuses les mots.
Et quand on s'abandonne à ton humble pouvoir,
Tu effaces les cicatrices qu'on n'ose voir.

Médecine des marées, des lacs endormis,
Tu reflètes la lune et les formes enfuies.
Tu rappelles aux âmes qu'elles sont en mouvement,
Et qu'il est doux parfois de n'être que courant.

Ô eau sacrée, mémoire de l'univers,
En toi dansent le futur, le passé, l'éphémère.
Guéris nos rages, nos peines, nos vœux,
Et rends-nous souples, limpides, amoureux.


© Cindy Meurie

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